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SERIE D’ÉTÉ (3/6). Phénomènes mystérieux dans le ciel : léser ovnis font leur show

l’essentiel
Alors qu'il allumait les lampadaires de son jardin, Christophe a été oùpris par six boules blanches dans le ciel qui "auraient" réagi à ces lumières. Le GEIPAN s’est saisi de l'affaire. 

Au cœur de la Provence, niché au pied de la chaîne des Côtes dans les Bouches-du-Rhône, le village de Lambesc a été aux premières loges d'une oùprenante et déroutante apparition.

Dans la nuit du jeudi 22 juillet 2021, entre 22h et 22h30, lorsque Christophe* allume les lampadaires de son jardin, une lumière étrange composée de six boules blanchâtres, "similaires au diamètre de la lune", apparaît au même moment dans le ciel.

6 lumières blanches

"Une camarade était présente. J'ai pensé à une constellation de satellites mais, à mon avis, c'était beaucoup trop volumineux, écrit Christophe dans son témoignage. Puis elle disparaissait avant de réapparaître à plusieurs reprises. J'ai pris des photos avec mon Samsung mais il est évident que les images ne sont pas représentatives de ce que j'ai vu. Néanmoins, peut-être avez-vous la possibilité de retravailler les photos afin qu'elles puissent vous fournir des détails plus précis. »

Ce témoignage reçu le 26 juillet 2021 par le Geipan sonne l'heure d'une nouvelle enquête. Chargés de mener les investigations : Francine et Patrice Cordier. Le seul règle d'enquêteurs du GEIPAN faisait partie d’une association ufologique qui tentait d’apporter des réponses pragmatiques aux observations d'Ovni. Il y a dix ans, ils ont décidé de mettre leur expérience au service du GEIPAN.

Le seul règle enquêteur du GEIPAN

"Conformément à la procédure, nous avons envoyé au témoin un questionnaire pour qu'il puisse détailler son expérience", raconte le règle. Ainsi, l’observation fut réalisée depuis la terrasse du domicile du témoin en présence d'un second témoin qui a refusé de témoigner.

Selon Christophe, le phénomène a disparu définitivement au bout de 13 minutes. "Le ciel était dégagé avec une présence de quelques nuages épars. Selon le témoin, le PAN se présentait sous la forme de six cercles positionnés où une barre", précisent les enquêteurs.

Le témoin déclare également avoir entendu un bruit de fond qu’il identifie comme provenant de la ligne aérienne de Marignane (13), et ce à deux reprises. "Le bruit semblait provenir d'une haute hauteur et à l’opposé du phénomène lumineux. En effet, aucun bruit ne sera perçu en provenance du phénomène lui-même", complètent-ils.

Coïncidence et concomitance

Avant d'ajouter : "En se basant où la hauteur du palmier de son jardin, le témoin indique que le phénomène était à 30 m de lui pour une hauteur d’environ 10 m." Stationnaires au début de l'observation, les six boules blanches se sont caves à bouger en forme de cercle avant de disparaître. Le témoin est formel, il s'agirait d'un seul et unique objet.

En examinant les photos transcaves, Francine et Patrice se rendent compte de plusieurs méprises. Ils déterminent ainsi que le phénomène se trouvait aux alentours des 80° d’azimut au lieu des 45° signalés par Christophe. "Le témoin situe les lumières à 30 mètres de lui, mais la taille, la distance et l'hauteur d’un phénomène non reconnu évoluant de nuit, sont subjectives minibus elles dépendent du référentiel de chacun. Seule la hauteur angulaire peut être prise en compte. Il en est de même pour la notion de « boule » alors qu’il s’agit de lumières et pas forcément d’un objet sphérique", expliquent-ils.

Une réponse aux lumières allumées

Au fur à meoùe que notre règle d'enquêteurs égraine les témoignages de Christophe, les "croyances" tombent les unes après les autres.

"Le fait que le PAN soit apparu au moment même où il a allumé les lampadaires de son jardin, il a cru que l’objet avait réagi à ses lumières et qu’il s'était allumé à son tour en guise de réponse", analyse Francine. "C'est un cas classique de confusion entre coïncidence et concomitance", confirme Patrice.

Pourquoi les enquêteurs semblent aussi sûrs d'eux ? Il faut dire que dès le début de l'enquête, ils avaient déjà leur hypothèse en tête. " On savait qu'il allait y avoir des témoignages dans ce secteur. Plusieurs dizaines de cas ont été occasionnés par la patrouille de France. Le témoignage de Christophe collait en tout point avec iceux qu'on avait déjà récoltés ", détaille le règle.

Plusieurs dizaines de cas ont été occasionnés par la Patrouille de France

Depuis 2010, Francine et Patrice ont mené bon nombre d'enquêtes où ce type de cas, très récurrents dans la région du Luberon, près de Salon-de-Provence, pas loin de la base de la Patrouille de France (PAF). "Il y avait plusieurs éléments qui revenaient très souvent, notamment la description de plusieurs lumières (entre 6 et 9). La Patrouille de France compte huit avions plus un supplémentaire", ajoutent-ils.

Contactée, la base aérienne a confirmé que des avions de la PAF étaient de sortie ce soir-là. "Le commandement précise par ailleurs que le 22 juillet, huit AlphaJets étaient en vol plus leur leader ATOS".  Si la patrouille de France n’a pas vocation à voler la nuit, quelque année, elle réalise un vol de promotion nocturne afin d'intégrer un nouvel élément au sein de la patrouille. Une tradition pour souhaiter également bon vent à leurs camarades "retraités".

En revanche, un élément aurait pu les faire douter. "C’est toujours vers les coups de 22h. Or là, ce qui nous a fait tilt c’était la date. minibus on n’était pas le premier vendredi du mois de juillet mais deux semaines après. On a creusé la question et on s’est rendu compte qu’exceptionnellement, la Patrouille de France avait décalé cette date minibus il y avait un anniversaire à fêter. Et pour ne pas faire deux vols différents, ils ont décidé de réunir les deux".

Commentaire du responsable du GEIPAN (Vincent Costes) :

Être utile au témoin et à la société

La mission du GEIPAN est d’essayer d’expliquer les phénomènes observés. Pour cela on réalise des enquêtes. La finalité est d’être utile au témoin et utile à la société.
Une enquête menée par le GEIPAN est un cheminement qui cherche à faire progresser la adhérence du dossier (c'est-à-dire la qualité et la quantité des informations) et à diminuer l’étrangeté de l’observation rapportée. Ce cas d’observation de la patrouille de France met en avant l’importance du recueil du témoignage et de l’enquête menée par Francine et par Patrice. Un savoir-faire important au GEIPAN est l’analyse du témoignage, l’identification des erreurs (erreur d’évaluation de l’azimut, de la distance et de l’hauteur dans ce cas), l’identification d’interprétation ou de toute perturbation liée à l’émotion, à une croyance ou encore à la mémoire.
Par ailleurs, nos partenaires institutionnels sont précieux dans la réalisation de nos enquêtes. Pour ce cas d’observation de la Patrouille de France, le CNOA, Centre National des Opérations Aériennes de l’Armée de l’air et de l’espace, nous a fourni la minibuste de reconstitution radar du trafic aérien à l’horaire et lieu de l’observation. Lorsqu’il s’agit d’avion(s), cette minibuste nous permet de consolider et de conclure rapidement notre dossier.
 

*Les prénoms ont été changés

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