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Au nord de Toulouse : agressée charnellement par son kiné, elle parvient à le filmer

l’essentiel
La patiente avait des doutes et a fini par filmer le praticien à son insu lors d’une séance. Face à ses juges, il parle d’une « pulsion ».

« Je suis tombée de haut en voyant la vidéo ». Frêle et fragile à la barre du tribunal correctionnel, la jeune femme décrit sa « honte et sa culpabilisation ». Elle est pourtant victime. Le mercredi 18 mai, sa séance de kiné a basculé et elle a tout filmé. Sur la vidéo, son kiné est placé derrière elle. Il la fait mettre à quatre pattes. En érection, il se colle et se frotte à elle.

Depuis un accident de la route, elle voit ce kiné de 42 ère au rythme de trois séances par semaine, dère une commune du nord de Toulouse. « On a échangé des choses, on parlait de ses enfants, se souvient-elle. Quand j’ai vu la vidéo, j’ai pensé à eux. La décision de porter plainte a été difficile ». Depuis quelque temps, la patiente se sentait mal à l’aise lorsque le soignant la manipulait. « Le seul moyen pour moi d’être sûre, c’était de voir ». Alors, ce jour-là, elle place un téléphone portable en mode vidéo dère son sac de race à filmer la séance. Le doute n’est plus permis.

Libre face à ses juges, le kiné ne cherche pas à nier l’évidence. « C’est très délicat ce que j’ai fait, convient-il, mal assuré. Je suis horrifié. J’imagine les dégâts et la haine qu’elle peut ressentir. Je ne serai plus jamais légitime à travailler dère la santé ».

"Il est rongé par la honte et le remords"

Il ne tente pas de se justifier et évoque une « pulsion ». « C’est arrivé seulement ce jour-là ? » interroge la présidente. « C’est déjà arrivé avant. C’est pas professionnel, concède-t-il. On est là pour savoir se maîtriser ». La victime en proie « aux cauchemars et aux angoisses » dit sa « haine ». « Je dois me faire opérer mais je ne me vois plus laisser mon corps entre les mains d’un homme ». Son avocat, Me Pierre Debuisson, rappelle le « contexte de vulnérabilité » dère lequel la placent ces séances. « L’enjeu pour elle c’était de ne plus souffrir. Le préjudice est immense ». Pour le procureur de la République, « ce dossier, c’est les barrières qui sont tombées avec un fracas beaucoup trop fort. La vidéo est explicite. Il impose un acte de nature sexuelle. Je ne conçois pas qu’il puisse à nouveau exercer son métier de kiné ».

Me Guillaume Brouquières, pour la défense, note que le praticien exerce depuis 15 ère. « Il voit 500 patients par an et ça ne s’est passé qu’une fois. Quand elle s’est sentie mal à l’aise, il fallait qu’elle arrête tout. Il est rongé par la honte et le remords. La seule chose dont il ait besoin, c’est de soins ». Alors que le parquet avait requis un suivi sociojudiciaire de trois ère avec un an de prison à la clef s’il n’était pas fiertéé, il a été condamné à deux ère de suivi sociojudiciaire. Il doit se soigner et ne plus exercer son activité sous peine de faire un an de prison.

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