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L’art contemporain à ciel ouvert dans tout Paris

Que la découverte avec une œuvre soit inattendue ou non, le désir à l’origine de cette exposition est de provoquer la rencontre, inédite, entre des œuvres de la collection du Fonds d’art contemporain – Paris Collections – et le grand public, Parisiennes et Parisiens qui ne connaissent pas encore ce patrimoine commun. Le pari est de présenter dans tout Paris, dans une quarantaine de lieux fréquentés au quotidien par leurs usagers, des œuvres contemporaines, de tous médiums confondus – peinture, sculpture, photographie, arts graphiques, vidéo, installations. Bibliothèques, cours d’écoles, établissements sportifs ou d’enseignements supérieurs, centres d’animation, musées, mairies d’arrondissement, accueillent au sein de leurs espaces une ou plusieurs œuvres de la collection du Fonds d’art contemporain, le temps de l’exposition.

Accompagnant ses enfants au parc Montsouris, Benjamin Swain les croque dans différentes postures de leur quotidien. Une forme d’ambiguïté en ressort, entre tendresse de la représentation de ces scènes familiales, et étrangeté, toujours vaguement menaçante, du paysage dramatisé par le traitement des ombres et des couleurs et l’épure de la figuration.

Le projet Eridanus, composé d’un plan de la capitale et d’un diaporama de photographies, a été réalisé à Paris. Partant du constat que l’éclairage public rend difficile la vision des étoiles, l’artiste a cheminé dans Paris en suivant le tracé inversé de la constellation Éridan, et en éteignant, sur chacun des 30 points du tracé, 30 lampadaires publics. Cette constellation formée par l’obscurité, renvoyant le regard vers les étoiles.

L’œuvre d’Hélène Delprat est inspirée par Mai 68, en particulier le général de Gaulle et Daniel Cohn-Bendit, et appartient aux « dessins radiophoniques » de l’artiste : elle écoute et retranscrit par le dessin des fragments d’émission de France Culture.

Les deux dessins exposés -le second intitulé Sans titre (Autoportrait manqué, organes sympas)- acquis en 2005 sont issus des carnets de l’artiste. L’un figure un crâne aux sourcils fournis surmontant un sapin foisonnant. Le deuxième représente un corps dont les bras se terminent par ce qui s’apparente à des moignons, et dont une forme – organe méconnaissable – sort de son abdomen. Ces visions esthétiques très personnelles et poétiques sont créées par la psyché de l’artiste, révélant son désir lorsque les sens s’émoussent et partent à la dérive.

À partir d’une exploration de la notion de réalité augmentée, sa démarche revendique une dé-hiérarchisation de ses références et éléments. Elle s’étend dans l’écriture à travers le personnage de Johnny, « artiste poisson ascendant poisson », que Jean-Alain Corre crée en 2006. Johnny, dont l’attribut fétiche est le poisson, est à la fois souffleur d’idées et de formes, moteur conceptuel et intermédiaire entre l’œuvre et son auteur. Sardine Pisces Hot Reality Problem Loving You Make Me Feel Mighty Real reflète la démarche de Jean-Alain Corre qui assemble régulièrement objets domestiques, formes standardisées et ornements divers, se fondant sur une observation du réel autant que de l’imagination.

Guidée par la tradition maritime de son pays natal – la Grèce – et fascinée très jeune par les cartes marines, l’artiste s’est embarquée plusieurs mois sur des navires marchands. Issue de la série Exotica, erotica, etc., la photographie Desert on board montre la cale d’un cargo contenant des graines de soja qu’un marin en combinaison asperge de produit phytosanitaire. La scène prise en lumière naturelle et à l’échelle du navire suscite un sentiment de mystère doublé de fascination. Elle dit aussi la solitude de ces marins navigants sur toutes les mers du globe des mois durant loin des leurs et de leur pays.

Dans son œuvre Aggloville, Bert Theis nous offre une vision d’un Paris dans lequel la nature reprend ses droits sur la ville. Les immeubles et les avenues sont noyés sous une végétation touffue et foisonnante. Dans cette véritable jungle urbaine, seuls quelques îlots d’architecture et grands monuments de la capitale sont encore visibles.

Empruntant son vocabulaire aux zones rurales ou périurbaines, l’artiste transforme les éléments naturels pour lui faire perdre leur fonction originelle. Cette botte de paille enfermée dans un cylindre de plexiglas nous présente une nature naturalisée ou « empaillée ». Tel un travail mémoriel sur le travail manuel et l’évolution du paysage, il met en exergue l’image d’un paysage ordonné et esthétisé par l’Homme, la botte cylindrique ou rectangulaire succédant aux meules. Mise en vitrine, cette botte devient une véritable sculpture domestique.

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