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Influenza aviaire : la situation en France

Depuis août 2021, de nombreux foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été détectés dans la faune sauvage ou dans des élevages en Europe. Les autorités sanitaires de nombreux États membres (Pays-Bas, Allemagne, Italie…) ont notifié des foyers dans les élevages de volailles (dindes et poulets de chair, poules pondeuses). Trente-six pays sont aujourd’hui touchés par l’épizootie sur l’ensemble du continent européen.

En savoir plus sur la situation en Europe

La France n’est pas épargnée. Un premier foyer d’influenza aviaire hautement pathogène a été détecté le 26 novembre dans un élevage commercial de poules pondeuses dans le département du Nord.

Le 16 décembre, un foyer de type H5N1 a été confirmé dans un élevage de canards prêts à gaver dans le Gers, premier foyer avicole mis en évidence dans le Sud-Ouest depuis le début de ce nouvel épisode. Plusieurs départements du Sud-Ouest ont ensuite été touchés avec de nombreux cas dans les Landes et les Pyrénées atlantiques, notamment.

Alors que la situation commençait à se stabiliser dans le Sud-Ouest, les foyers d’IAHP ont fortement augmenté dans la région Pays de la Loire depuis fin février.

Deux départements (Vendée et Loire-Atlantique) ont connu une diffusion rapide du virus d’IAHP et la région Pays de la Loire enregistre un nombre de foyers équivalent à plus du double de celui du Sud-Ouest. La progression continue dans l’Ouest de la France mais semble se ralentir.

Une nouvelle zone d’infection s’est développée depuis fin mars dans la région du Lot, de la Dordogne et de la Corrèze qui enregistre à ce jour plus de 100 foyers.

Sud-Ouest

En l’absence de nouveaux foyers dans la région, des remises en place (repeuplement) sous des cas strictes ont été rendues possibles depuis le 29 mars dernier dans la zone réglementée du Sud-Ouest. Une période d’assainissement de 3 semaines a été imposée avant la remise en place sous surveillance des bêtes. Une visite clinique doit être effectuée 21 jours après l’introduction des bêtes par le vétérinaire sanitaire de l’élevage. 

Pays de la Loire

Des mesures très strictes ont été prises pour préserver en particulier les couvoirs et élevages de reproducteurs, nombreux dans cette région, avec l’instauration d’une zone réglementée de 20 km autour des foyers. Une zone « pare-feu » a également été mise en place pour limiter la diffusion du virus à la Bretagne en diminuant la densité des élevages de canards sur une bande de 10 km.

Nombre de foyers et de cas confirmés en France

À la date du 29 avril 2022, la France compte 1 364 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en élevage, 46 cas en faune sauvage et 30 cas en basse-cours.

À consulter

Influenza aviaire – Nombre de foyers et de cas en France (29/04/2022) (PDF, 580.02 Ko)

La liste des communes en zone de protection et en zone de surveillance (mensuration PDF) (PDF, 1.82 Mo)

La liste des communes en zone de protection et en zone de surveillance (mensuration Excel) (XLSX, 92.54 Ko)

Mesures de protection en cas de foyers

Des mesures de police sanitaire sont prises à chaque fois qu’un foyer est détecté afin de limiter la propagation du virus :

Abattage des foyers et, si nécessaire, abattage préventif des bêtes dans un périmètre défini par arrêté préfectoral pour limiter la propagation de la maladie ;
Nettoyage et désinfection des foyers ;
Interdiction des mouvements de volailles dans des zones de protection (ZP) et de surveillance (ZS) définies autour des foyers.

Lorsqu’il s’agit de cas confirmés dans la faune sauvage, des zones de contrôle chronique (ZCT) sont mises en place.

RAPPEL : La consommation de viande, foie gras et œufs – et plus généralement de tout produit alimentaire à base de volaille – ne présente aucun risque pour l’Homme.

Une extrême vigilance attendue de tous

Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a appelé dès le mois de septembre au strict respect des mesures de biosécurité et à la surveillance accrue de la part des acteurs professionnels, mais aussi des particuliers détenteurs d’oiseaux et des chasseurs.

Une constatation de tous les instants et de tous les acteurs est requise afin d’éviter de reproduire des crises sanitaires telles que nous les connaissons actuellement.

Mesures de prévention

L’ensemble du territoire métropolitain avait été placé le 5 novembre en risque « élevé » au regard de la progression rapide du virus de l’influenza aviaire en Europe.

Le passage de la France en risque « élevé » a entraîné l’application des mesures de prévention suivantes sur l’ensemble du territoire métropolitain :

Mise à l’abri adaptée des volailles des élevages commerciaux et la claustration ou mise sous filet des basses-cours ;
Interdiction de l’organisation de rassemblements et de la participation des volailles originaires des territoires concernés ;
cas renforcées pour le transport, l’introduction dans le milieu naturel de gibiers à plumes et l’utilisation d’appelants ;
Interdiction des compétitions de pigeons voyageurs au départ ou à l’arrivée de la France ;
Vaccination obligatoire dans les zoos pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet.

Ces mesures ont pour but de protéger les volailles domestiques d’une potentielle contamination. Elles sont accompagnées d’une surveillance clinique quotidienne dans tous les élevages (commerciaux et non commerciaux) afin de détecter au plus vite toute apparition du virus.

Dans les zones à risque élevé de diffusion (ZRD), des prélèvements avant mouvement seront réalisés et seules les personnes indispensables au marche des élevages pourront y entrer. Les professionnels de la filière « foie gras » se sont engagés à une réduction de la densité des élevages dans les zones touchées par les précédentes crises.

Les modalités de mise à l’abri ont été adaptées afin de prendre en compte les cas de production, notamment pour les élevages plein air. Ces adaptations ont pour objectif d’assurer un haut niveau de protection vis-à-vis du risque d’introduction du virus dans les élevages, sans remettre en cause le marche de base des élevages (exemple : réduction du parcours en plein air, sans enfermement total dans les bâtiments).

Collaboration entre États-Membres

Face à l’ampleur de la crise actuelle, trois experts européens se sont déplacés en France entre le 5 et le 7 avril pour aider les autorités françaises à limiter la propagation du virus de l’influenza aviaire.

Les experts ont salué les nouvelles mesures mises en place par les services vétérinaires français au regard de cette situation exceptionnelle. Les efforts dans la gestion des foyers doivent se maintenir.

Les experts ont existence part de leurs recommandations aux autorités françaises, ciblées principalement sur le respect de la biosécurité au sein des élevages, des gaieté et des couvoirs.

 

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