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La Corse, de la mer à la montagne, un défilé de paysages et de saveurs

La Corse, puissant massif montagneux au milieu de la mer, est la 3ème des îles de la mer Méditerranée en surface après la Sicile et la Sardaigne, et la plus élevée pour son altitude moyenne. Sa puissante chaîne montagneuse comprend 120 sommets dont l’altitude est supérieure à 2 000 m. C’est aussi la moins densément peuplée des îles et des départements français (38 hab/km ²).

Au gré de sa diversité géographique, la Corse recèle une grande diversité de paysages, avec une faune et une flore riches, rares et diversifiées. De nombreux dispositifs permettent la préservation de ce patrimoine naturel, en particulier la protection du littoral par l’action du Conservatoire ou de nombreuses réserves ou sites classés, sans oublier le Parc Naturel régional qui recouvre 40% du cœur du territoire insulaire et deux parcs marins, autour du Cap Corse et dans les bouches de Bonifacio. La forêt est très présente, avec une forêt désormais de la compétence de la Collectivité de Corse et des forêts communales ou privées avec une grande variété d’essences, parmi lesquelles le pin Laricio, le hêtre, le chêne vert ou liège et d’autres essences méditerranéennes.

De même, l’on trouve dans l’île toute une gamme de cultures et d’élevages diversifiés. D’un point de vue économique, les exploitations agricoles à plus fort potentiel agronomique sont concentrées sur la façade Est de l’île et dans les basses vallées de l’île. Le secteur de la transformation agro-alimentaire est particulièrement porteur et dynamique, avec des productions semi-industrielles et d’autres à caractère artisanal souvent le fait des producteurs eux-mêmes. C’est le cas des fromages de chèvre et de brebis ainsi que de la charcuterie.

La pêche et l’aquaculture

L’aquaculture corse est organisée autour d’une dizaine d’entreprises de production réparties sur tout le littoral de l’île, et principalement dans le sud de la Corse. 

L’activité concerne deux filières qui emploient environ 125 personnes, principalement de la main d’œuvre qualifiée :

  • La filière conchylicole, d’une part, est installée sur les étangs de la côte orientale (Diane et Urbinu). Elle regroupe 3 entreprises de production d’huîtres creuses, d’huîtres plates et de moules. 
  • La filière piscicole, d’autre part, est constituée de 7 entreprises qui produisent 3 espèces, à savoir le loup (bar), la daurade royale et le maigre. Le plus gros site de production piscicole en mer ouverte (le deuxième en France) est installé en baie d’Ajaccio.

La production aquacole actuelle est d’environ 2 200 tonnes par an, soit 1 250 tonnes de poisson (bar, daurade et maigre) et 950 tonnes de coquillages (moule et huître). 

La bande côtière présente une grande variété de fonds (roches, sables, herbiers) propice au développement d’une faune marine très diversifiée comprenant des espèces pêchées emblématiques à haute valeur ajoutée (langouste rouge, homard, oursin, denti, mérou, etc.).

La pêche professionnelle est pratiquée sur tout le littoral insulaire, soit une bande côtière longue de 1 043 kilomètres et comprise entre 0 et 12 milles nautiques, mais s’exerce à 80% entre 0 à 3 milles pour des profondeurs variant de 0 à 600 mètres :

  • les « petits métiers côtiers », principalement des pointus de six à neuf mètres (les plus nombreux) : 180 licences ;
  • les « petits métiers du large » (palangriers, fileyeurs, etc.) : quatre licences ;
  • les chalutiers (limité à neuf licences de chalut de fonds et pélagiques), principalement sur la côte orientale ;
  • les corailleurs avec une autorisation annuelle limitée à dix armements.

Cette flotte, qui est restée très artisanale (embarcations de petit format) se caractérise par :

  • l’âge important des bateaux : malgré l’effort de modernisation soutenu par la CTC, seul 50% de la flotte a été renouvelée et la moyenne d’âge des bateaux est de 28 ans ;
  • l’inadaptation de la flottille à la diversification liée au manque de capacité de puissance motrice et de jauge pour renouveler et réorienter la flotte et ses activités.

Les pêcheurs corses doivent par ailleurs faire face aux contraintes liées à l’insularité (surcoût du carburant, des approvisionnements et des matériels).

La capacité limitée de la flotte permet en contrepartie de s’adapter aux contraintes locales du marché tout en privilégiant la forte valeur ajoutée.

Par ailleurs, en Corse, s’imaginent la pêche et l’aquaculture de demain en Méditerranée. Cette mer abrite 7,5% de la faune marine mondiale, mais l’érosion de la biodiversité y est considérée comme étant la plus préoccupante au monde. Les ressources halieutiques doivent donc être aujourd’hui gérées comme un patrimoine précieux. L’exploitation doit être organisée pour permettre à la fois la satisfaction de l’ensemble des besoins et le respect de l’environnement.

C’est à partir de ce constat que l’Université de Corse a créé Stella Mare, une unité labellisée par le CNRS depuis 2011. La plate-forme a pour objectif d’apporter des solutions concrètes aux problématiques des professionnels de la mer, et de concilier à la fois l’exploitation optimale et la préservation des ressources naturelles marines. Avec les outils de l’ingénierie écologique, elle promeut l’aquaculture durable et la pêche responsable en collaboration directe avec les pêcheurs, aquaculteurs et gestionnaires de l’environnement. Conjointement, les équipes abordent également les problématiques de restauration du milieu naturel et de protection de la biodiversité.

Un produit, un lycée agricole, une forêt, un événement, une initiative…

Retrouvez ci-dessous les spécificités de la région avec, au choix :

La clémentine corse, un produit phare

Un petit historique…

La clémentine est issue d’un croisement naturel entre la fleur de mandarinier et le pollen d’oranger.

C’est à Oran, en 1883, que monsieur Clément fait la dévouverte du fruit dans un orphelinat Misserghin, d’où son nom : Clémentine. Mais ce n’est qu’à partir de 1925 qu’elle est produite en Corse. Aujourd’hui, ce sont plus de 500 000 arbres qui produisent chaque année 30 000 tonnes de clémentines corses. 170 producteurs se repartissent cette production.

La clémentine de Corse, seule production de clémentine française en IGP depuis 2007

La clémentine de Corse atteint sa coloration naturelle et sa maturité sur l’arbre. Récoltée exclusivement à la main en plusieurs passages, elle ne subit aucun traitement après récolte. À chaque étape de la vie du produit, un système de contrôle vérifie le respect des principaux critères de l’Indication géographique protégée (IGP) : calibre, couleur de la peau, teneur en jus, taux d’acidité, taux de sucre, pourcentage des fruits avec feuilles. L’Association pour la promotion et la défense de la clémentine de Corse (APRODEC) est garante du respect de ces règles.

Des saveurs uniques

Une peau très fine, une couleur bien orangée, une ou deux feuilles vertes, un goût acidulé, la clémentine offre une chair juteuse, sucrée et sans pépins.

Plus d’informations sur la clémentine de Corse, ici.

L’EPL de Borgo Marana, un pôle de formation dynamique, au cœur d’une micro-région

Créé en 1962 à proximité immédiate de la ville de Bastia, l’établissement devient collège agricole en 1969 puis lycée d’enseignement professionnel agricole en 1979. Par la volonté du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et de la Collectivité territoriale de Corse, l’établissement est transféré en 1991 sur la commune de Borgo et implanté sur un domaine de 43 hectares. Aujourd’hui, l’EPLEFPA de Borgo Marana est constitué d’un lycée agricole, d’un centre de formation d’apprentis (CFAA), d’un centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) et d’une exploitation agricole, support de formation, spécialisée en agrumiculture (culture des agrumes) et fourrages et un site de 27 hectares.

La forêt territoriale de Vizzavona, un haut lieu du patrimoine forestier corse

La forêt de Vizzavona, située en plein centre de la Corse, est l’un des massifs les plus emblématiques. C’est l’une des forêts les plus anciennement exploitées de l’île dès 1812 lorsque la route reliant Ajaccio à Bastia – via Corte – par le col de Vizzavona fut ouverte. Ancienne forêt domaniale, elle est depuis 2002 forêt territoriale – propriété de la Collectivité de Corse – tout en restant gérée de façon durable par l’ONF. Elle se trouve intégralement sur la commune de Vivario, en plein cœur du parc naturel régional de Corse.

Ses essences dominantes sont le très réputé pin Laricio et le hêtre, sur un ensemble de plus de 1 600 hectares, prolongé au nord par la forêt communale de Vivario, et au sud par celles de Bocognano et de Ghisoni. L’exploitation forestière y est toutefois relativement limitée, privilégiant protection et accueil du public (accrobranche, équitation, baignade…).

La forêt territoriale de Vizzavona est un véritable point névralgique de la Corse : elle est parcourue du nord-ouest au sud-est par le GR20 qui relie les plus hauts sommets de l’île et qui traverse, à 1 163 mètres d’altitude au col, l’axe Ajaccio-Bastia. Pour les randonneurs, le hameau de Vizzavona est donc un lieu-clef de ravitaillement, mais encore et surtout de rayonnement : depuis la gare de Vizzavona (mise en service en 1889) U Trinichellu (« le petit train ») permet de rejoindre Ajaccio, Corte, Bastia ou même Calvi.

L’important maillage en pistes forestières en fait aussi un point de départ de nombreuses randonnées :

  • les bergeries de Capanelle via la Cascade des Anglais (et ses baignoires naturelles) ;
  • le sentier de la Femme Perdue fait une boucle à partir du col ;
  • le sentier du Monte d’Oro (2 389 mètres) via les bergeries de Pozzatelli ;
  • le sentier de la Madonuccia (la vierge Marie).

Une grande partie de la forêt est consacrée à la protection des habitats Natura 2000 : la forêt abrite de nombreuses espèces dont la Sitelle de Corse, la salamandre et la truite corse ainsi que 22 espèces de chauves-souris. L’ONF propose notamment une exposition pédagogique permanente sur la forêt près de sa maison forestière.

Au sein de l’EPL de Sartène, le projet « raconte moi un fromage »

Le fromage est avec la charcuterie un pilier de la gastronomie de l’île de Beauté. L’importance du fromage sur la table corse rappelle que ce pays était autrefois appelé l’île des bergers. L’élevage de petits ruminants, brebis ou chèvres, a été pendant longtemps et est encore aujourd’hui dans certains endroits, la seule façon de valoriser un territoire de maquis difficile.

Le pâturage est la base de l’alimentation des troupeaux, qui grâce à la pratique, encore très forte, de la transhumance, donne au lait corse des qualités spécifiques. Les fromages fermiers sont fabriqués selon des techniques traditionnelles. Il s’agit le plus souvent de fromages à dominante de présure et à croûte lavée ou fleurie. Cinq grands types de fromages sont répertoriés : Niolu, Venachese, Casgiu Sartinesu, Bastelicaccia, Calenzana.

La mission « raconte moi un fromage » portée par le lycée agricole de Sartène depuis 2018 vise la connaissance, la promotion des produits fromagers locaux engagés dans des démarches de caractérisation de la qualité et des process de fabrication. Les étudiants participent à des réunions d’acteurs, des jurys de dégustation, des concours de produits typiques lors des foires rurales et assurent la promotion et la vente des produits de l’atelier de transformation fermière du lycée lors de ces foires. Ou encore, lors du salon international de l’agriculture de Paris, sur le stand du ministère, les étudiants ont expliqué au travers de dégustations de charcuterie et de fromages produits sur l’exploitation agricole, les modes de fabrication et les qualités des produits. Cette expérience a été une opportunité pour les étudiants pour présenter la formation agricole, les produits corses et s’ouvrir à d’autres régions tout en augmentant leur culture agronomique.

La région Corse en chiffres

  • 2 626 exploitations agricoles (chiffres 2013) ;
  • 5 033 actifs permanents en exploitations agricoles  (chiffre 2016 ) ;
  • 380 996 hectares de forêts (source Agreste) ;
  • 271 élèves et 85 apprentis en établissement agricole.

À télécharger

L’enseignement agricole en Corse – Se former à une large palette de métiers du vivant (PDF, 3.63 Mo)

Crédit photo : DRAAF de Corse
Retrouvez le site de la Direction régionale de la région Corse

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